la difficulté de s'arrêter de fumer

  • 21 jours pour arrêter de fumer c'est possible.

     

    Lettre à ma chère clopinette.

                Si j’avais pu savoir, à quatorze ans, que tout au long de ma vie tu prendrais autant de place, je t’aurais sans aucun doute ignoré dès le premier jour. Mais le destin en a fait autrement. Comme tous les jeunes imbéciles en pleine puberté que j’étais à cet âge con, je suis allé te déloger de ton étagère où tu étais si bien rangée chez le buraliste. Je voulais faire comme les autres, et pour quelques francs à l’époque, je me suis payé le luxe de t’avoir pour moi tout seul. Je me souviens qu’à l’instant même où je t’ai possédée je t’ai placé aussitôt contre mon cœur bien en évidence dans la poche de ma chemisette d’été si blanche que par transparence on pouvait lire ta marque de fabrication. Je voulais que l’on sache qu’avec toi, bien en évidence si près de moi, l’adolescent que j’étais disparaitrait pour laisser place au jeune Homme que je désirais tant être. Le soleil brillait de mille feux et toi tu t’apprêtais déjà à m’en faire voir de toutes les couleurs.

                Le jeune homme d’antan est devenu un retraité paisible, et durant toutes ces années tu m’as été plus fidèle que toutes les femmes que j’ai pu connaître dans ma vie. Mais aujourd’hui je me suis lassé de toi et en particulier de tes multiples atteintes à mon identité où chaque jour qui passe, tu n’as eu de cesse de transformer mon sourire en déformant mon visage. Ta fumée permanente et abondante a creusé à longueur d’années des rides profondes où ta nicotine est venue ternir et flétrir ma peau. J’ai parfois l’impression que tu te consumes en moi et que tu ne veux plus me lâcher quitte à me suivre à jamais jusqu’au bûcher final. Que t’ai-je donc fait pour me traiter ainsi ? Laisse-moi respirer un peu, donne-moi un peu d’air et d’espace et s’il te plaît libère mon esprit.

                Décidemment tu prends trop de place, et ceci depuis trop longtemps. J’ai pourtant essayé à plusieurs reprises de te faire comprendre que je te quitterais définitivement si tu ne ralentissais pas ta destruction programmée de l’être cher qui t’a tant aimé. A chaque fois, tu as su trouver mes faiblesses pour que chacune de mes tentatives de divorce avec toi se fissurent et se soldent finalement par des échecs.

                Souvent, je me réveille la nuit et je pense à toi. Mon for intérieur te réclame au point qu’à chaque demi-somnolence, l’envie de te rejoindre prend le dessus. Cinq minutes seulement, juste le temps de t’inhaler, de te ressentir et de t’aimer encore et encore, pour qu’enfin le sommeil puisse oui enfin m’embarquer.

                Jusqu’au matin, où muni de mon rasoir devant la glace je peux de nouveau constater les dégâts auxquels tu t’es livré sur moi avec toujours autant d’acharnement, durant mon sommeil réparateur. Comment suis-je assez bête pour me laisser berner de la sorte ; il doit bien y avoir une issue dans ce labyrinthe. À deux reprises j’ai failli réussir, mais ton harcèlement psychologique a toujours fini par nous rassembler de nouveau. Que me manquait-il pour toucher au but ? 

                      Toutes mes histoires d’Amour ont toujours eu une fin, pour certaines difficiles pour d’autres sans intérêt particulier. Je me rappelle que bien souvent c’est l’arrivée d’une autre qui chassait la précédente ! Il est bien difficile d’appliquer les mêmes règles avec toi. Es-ce-que ‟Nicorette″ ferait disparaître ‟Cigarette" et qu’en suivant le même procédé ‟Clopinette″ pousse ‟Cigarette" au cendrier ! J’ai bien peur que cela ne marche pas ! Aussitôt arriveraient en vrac ‟Rossé, Ricardo, WhisKon″, et toute sa bande d’assoiffés. Remarquez bien que tous sont masculins, et je n’ai pas encore l’envie aujourd’hui de "virer ma cuti" ! Sans parler de ‟Cam, Stup, et Éro" avec qui par chance je n’ai encore eu aucune relation intime. Putain d’addiction !

                Ma chère ‟Clopinette″ Il faut en finir une bonne fois pour toutes, même si je t’aime à la folie nous devons nous séparer, c’est inéluctable, il en va de ma santé ! C’est marrant, j’ai déjà entendu cette réflexion, mais où donc ?  

                Les textes qui suivent ne sont que le constat d’une partie de ma vie d’enfumé et d’enfumeur. Je n’invente rien, je retrace fait par fait toutes les difficultés que j’ai pu rencontrer de ma plus tendre adolescence au sexagénaire que je suis maintenant. Tout au long de ce périple, je vais vous parler de moi, bien sûr, et des nombreuses difficultés que j’ai rencontrées pour essayer de mettre fin à cette tabagie chronique qui ne pouvait commencer qu’avec le divorce avec Clopinette. D’autres personnages viendront étoffer cette belle histoire. Ho ! je sais déjà à quoi vous pensez : qu’en aucun cas, un fumeur comme moi devient non-fumeur juste en écrivant des phrases les unes derrière les autres comme on aligne de la même façon les cigarettes que l’on allume sans se rendre compte que la dernière vient d’être écrasée quelques instants plus tôt dans le cendrier.

    Attendez-donc la suite !

                LE NON FUMEUR - Pour vous qui fumez sans doute, autrement vous ne seriez pas là à attendre patiemment que je vous donne la bonne astuce pour arrêter votre tabagie. Je disais donc que le non-fumeur, est un personnage qui vous intrigue… que vous enviez même.

    Il a l’air libre de toute contrainte, frais, vaillant. Il a bonne mine. Pour peu qu’il soit sportif, vous en seriez même jaloux !

    Contrairement à vous qui fumez peut-être il doit avoir bonne haleine, ses vêtements sentent la lessive jusqu’au soir, son véhicule n’a pas l’odeur d’un cendrier oublié et les murs de son salon ne sont sûrement pas jaunis par la cigarette. Mais comment peut-il boire son café sans avoir envie de fumer ?

                S’il ne fume pas, que fait-il pour se détendre, pour s’occuper pendant sa pause ? Tiens, le non-fumeur boit l’apéro lui aussi ? Et dire qu’il n’a même pas besoin de compenser l’absence de cigarette en ingérant une double dose de cacahuètes ! C’est parfois injuste… Et il est très juste d’envier celui qui n’a pas (ou plus) d’addiction.

                Le tabagisme est une addiction. Mais hélas, vous avez beau vouloir supprimer cette addiction, vous ne faites que transformer celle-ci en une tentation constante et obsédante. Et d’autres addictions comme l’alcool ou encore la nourriture pourraient rapidement venir s’installer.

                Non, non mon cher Oscar Wilde ! Le meilleur moyen de résister à la tentation n’est pas d’y céder. (Pour moi), Le meilleur moyen d’y résister est de faire disparaître cette tentation. Monsieur Wilde d’ajouter : Résister et votre âme se rend malade à force de languir ce qu’elle s’interdit.

                Il faut donc y travailler à cette rupture du manque, et cela ne se fait pas d’un claquement de doigts ! Si vous le désirez, faite un bout de chemin avec moi rien ne vous en empêche puisque maintenant vous êtes entré, alors suivez-moi dans mon délire. Demain, dans 15 jours, dans 21 jours, ce NON-FUMEUR, ce sera peut-être vous….

    Tout a commencé un jour où :

               Le dieu de l’hypnose de TF1 (Présentateur habile au maniement de l’hypnose en présence d’Arthur bien connu du P.A.F – Paysage Audiovisuel Français) n’est pas encore arrivé devant ma porte. Et pourtant je le regarde en ce moment même à la télévision en me disant : « À l’imitation »

    • Hé Tony ! regarde ton doigt il est si près de ta cigarette dans le cendrier que tu ne peux pas l’atteindre ! Tu as beau essayer, tu ne peux pas l’atteindre ! Impossible de la prendre pour en tirer une bouffée !

    Il est bon le petit gars ! Jacques, reviens avec nous ! (Vieille connaissance fumeur bien sûr) Le pauvre, il est sous hypnose ! Lui qui s’est fait « enfler » de 250 Euros par une charmante dame qui lui a fait miroiter qu’en trois séances de relaxation en semi- hypnose elle mettrait fin à son envie de fumer.

    Je plaisante, mon cher Jacques, tu sais bien que je t’apprécie beaucoup comme l’autre d’ailleurs !  Paul (un autre de la même congrégation à la seule différence que nous n’avions rien de Religieux)

    Allez trêve de plaisanterie vous savez bien que les gens n’aiment pas qu’on les nomme avec leurs vrais patronymes ! Si le professionnel de l’hypnose, était en mesure de faire à toute la population Française, une séance de mise en sommeil afin d’arrêter le tabac via les ondes télévisés (comme il nous le montre à l’écran) : Il n’y aurait plus un seul fumeur dans l’hexagone ! Certes, mais trois mille chômeurs en plus dû à l’arrêt des fabriques de cigarettes !

     Revenons à nos moutons, ou à nos « clopinettes » si vous préférez….

                   J’ai 62 ans bientôt. Ma première cigarette a dû être fumée aux environs de 14 ans ! À cette époque mon parrain était Suisse est résidait dans le Canton du Jura. Quand il venait en France visiter la famille, il avait toujours dans sa voiture quelques paquets de cigarettes de la fabrique de Monsieur BURRUS (Paysan alsacien débarqué à Boncourt en 1814 et ayant fait fortune avec les cigarettes). Ces paquets étaient l’équivalent de nos P4 française dans les années 70 (seulement quatre cigarettes par paquet et principalement du tabac blond)

    À peine sortis de notre première communion solennelle, on se sentait beaux et forts comme des « Hommes » du haut de nos 14 ans avec nos premières clopes. (Éric Charden nous chantait 14 ans les gauloises en 1974). Et personne à l’époque ne se souciait de notre santé. Quels souvenirs ! L’addiction du tabac allait prendre ses racines en moi silencieusement et cela dans ma vie de tous les jours, à la sortie des cours, aux premiers jobs d’été, avec les premières nanas et sorties en boîte de nuit. On fumait partout ! Du bistro du coin de quartier au lieux publics, à la télévision ou dans  les entreprises absolument partout. L’argent que je gagnais pendant mes jobs d’été passait dans les clopes et inconsciemment à l’achat de chaque paquet de cigarettes je signais un contrat de longue durée (leasing) avec l’état français. Avant ma majorité, je payais déjà un impôt !

                Comment aurais-je pu imaginer dans mon esprit de jeune « trou du cul » que 48 ans plus tard je resterais bloqué au milieu de la foule un samedi matin sur la place du marché ! Plus de « sauce » comme on dit. La bonne nicotine emmagasinée depuis de longues années dans mon artère iliaque (artères systémiques amenant du sang oxygéné vers les membres inférieurs et le bassin) me privait d’utiliser ma jambe droite dans de bonnes conditions. Plus d’oxygène dans le muscle, plus de muscle actif donc blocus !  Et là : T’as pas l’air con assis comm’ça sur le trottoir !

    J’aurais dû mieux écouter SOUCHON en 1976, il en parlait déjà :

    Tu verras bien qu’un beau matin fatigué

    J’irai m’assoir sur le trottoir d’à côté

    Tu verras bien qu’il n’y aura pas que moi

    Assis par terre comm’ça.

                J’étais bien tout seul à être en rupture de « sauce » Et dans mon contrat leasing pas de numéro à appeler !

    • Allo, la société Peter « d’un nom bien connu », vous avez un dépannage à faire sur la place du marché.

                C’est bien beau tout ça ! Mais je viens d’allumer ma énième « clope ». Ce n’est plus possible de continuer ainsi. Ouvrir la baie vitrée, ça ne suffit pas. Ouvrir une autre fenêtre pour faire courant d’air… Et maintenant je me gèle.  Je suis las. Il ne suffit pas d’écrire en gros titres « J’arrête de fumer » pour que cela fonctionne ! Il faut s’y préparer, bien étudier l’impact des mesures que l’on va entreprendre. Chercher des références et s’y tenir ! Et en matière de références je n’en ai que deux pour l’instant : l’acupuncture et l’hypnose.

    Il y a bien longtemps, Vingt-cinq ans je pense ! J’avais 36/37 ans, en pleine activité. Un de mes supérieurs hiérarchiques de l’époque avait lui aussi des envies d’arrêt de tabac similaires aux miennes, le ton était donné ! Il ne manquait plus qu’à trouver le facteur déclenchant.

    S’étant concertés le matin à la pause-café, et ayant échangé nos diverses opinions sur le sujet, j’admis avoir essayé l’acupuncture mais hélas sans succès. Quant à ‟l’ancien du gaz″ il m’expliqua :

    • « Bien que je sois beaucoup plus ancien que vous, c’est la première fois que j’essaye d’arrêter de fumer. J’ai bien une adresse, mais je n’ose y aller seul ! »
    • Qu’à cela ne tienne, je serai votre cobaye, essayons donc !  

                Voilà ma première expérience (pas sexuelle je vous rassure ! je suis toujours sur le cobaye, « le petit cochon qui suit »). Quant à l’hypnose, si mes souvenirs sont intacts, je pense avoir tenu deux ou trois années avant d’avoir replongé ! Mais c’était véritablement ma première hypnose ou similaire, disons que je me suis laissé aller à la détente complète de mon corps et de mon esprit, celui-ci étant guidé ou maitrisé par l’intervenant. Le discours du praticien avait somme toute possédé mon subconscient et l’avait laissé sous-entendre que sortant de chez lui, mon envie de tabac aurait disparue ! Je me rappelle qu’en sortant de chez lui, il m’avait dit de ne pas essayer de fumer et surtout de ne pas prendre de douche le soir même. Je suppose qu’il avait usé de magnétisme sur moi, et que l’eau pouvait retirer les bénéfices de son travail.

    Je reconnais que cette fois-ci la magie avait opéré sur moi comme sur l’Ancien d’ailleurs ! Peut-être y avait-il caché profondément dans mon subconscient une réelle envie d’arrêter donc inconsciemment un peu de cette fabuleuse ‟volonté″ indispensable pour une réussite parfaite. A cette époque le tabac n’était pas si cher qu’aujourd’hui, et la séance d’hypnose avoisinait les 100 francs et une seule séance. Bien loin des 250 euros (les trois consultations) payés par Jacques qui lui, a effectué seulement la première en croyant qu’en sortant du bureau du sorcier il n’aurait plus aucune envie de fumer ! Résultat, il a essayé d’en griller une en s’imaginant qu’un lambda (casé dans son subconscient) viendrai le traiter de connard et sans doute le ″tarter‟ pour lui faire comprendre qu’il avait déjà perdu ces 250 euros et que par conséquent, il n’était plus utile d’assister aux deux séances suivantes. 

    Chaque essai pour en finir avec le tabac vous amènera toujours plus loin et même si l’arrêt n’est que de quelques mois, ce sera toujours bénéfique pour votre corps. L’acupuncture ne m’a pas donné satisfaction, mais peut-être étais-je trop jeune au premier essai, il faut parfois beaucoup de temps avant de trouver le bon thérapeute j’entends :  Celui qui a déjà obtenu de beaux résultats. Avec un peu de patiente et des connaissances on parvient à obtenir une bonne adresse et surtout des tarifs raisonnables.  Beaucoup de charlatans ont trouvé l’eldorado dans ce domaine, quoi de plus facile, une multitude de personnes cherchent à se débarrasser de leurs addictions ! Quels terrains de jeux pour ces faux magnétiseurs et autres apprentis sorciers. Jacques a déboursé 250 euros pour ne pratiquer qu’une séance d’hypnose ¼ de SMIC c’est énorme pour n’avoir aucun résultat à la fin, qui plus est, il n’a osé demander un remboursement de peur de passer pour un imbécile auprès de la charmante dame qui la reçu ! Passons à la suite.

    Les années défilent jusqu’au jour où…

                La technique, la technologie du futur, ou plus exactement le progrès (appelez cela comme vous voulez) venait enfin d’arriver sous la forme d’une cigarette appelée : « électronique ». 

    Tout au long de ma vie je me suis aperçu qu’il me fallait du renouveau pour réussir là où la dernière expérience avait « capoté ».

    Encore une fois c’était l’occasion de tenter l’impossible. Et ce jour-là, le destin mit sur ma route un quidam extérieur à mon entourage proche. Cette fois encore nous étions deux à vouloir tenter l’expérience de la fumette électronique dite « Vapotage ». Le fait d’être à deux pour s’entraider paraît plus soutenable !

    À vous fumeurs qui sans nul doute me comprenez !

    La nicotine m’appelle à nouveau !

    Que Dieu me garde, Qu’il faut-être con ou insensé pour pianoter ces textes anti- addictions alors que je les collectionne ! Existe-t-il chez moi encore une part de lucidité ?  Suis-je vraiment perdu à jamais ?

    Mais bon Dieu, qu’elle est bonne cette clope !

                            Merci vieux pote, avec toi, pendant deux années consécutives, j’ai préservé un peu (de pureté de mes alvéoles pulmonaires). Je n’aurais pas imaginé qu’un beau matin en rentrant stationner mon véhicule au dépôt, je me serais laissé entraîner avec toi qui terminait aussi ta journée. Ça me semblait sympathique, d’essayer à nouveau d’arrêter de fumer grâce à la cigarette électronique ! Le principe reste facile et sans complication, quant au tarif, il faut compter le prix d’une cartouche de cigarettes. Alors oui, au jour d’aujourd’hui nous n’avons aucune retombé médiatique et médicale réelle sur les méfaits des différents produits inhalés avec ces cigarettes électroniques. Toujours est-il que l’essai fut concluant avec une belle période d’abstinence tabagique. Tout compte fait, le plus important c’est de faire des pauses assez longues de préférence. Votre corps a me semble-t-il le temps de faire un auto-nettoyage des tubulures ! (Attention j’suis pas toubib)  

    Si vous avez pu un moment ou un autre interrompre une tabagie quelques années, souvenez-vous à quel point il est bon de retrouver son odorat, son appétit, sa forme physique (Elle est contente Chérie !) et bien d’autres petits plaisirs de la vie. Alors pourquoi, étant conscients de tout cela, sommes-nous encore assez fous pour continuer à nous enfumer la Vie !

    LE PRIX !

    Le prix à payer ! L’argent brûlé, consumé, écrasé dans nos cendriers puants ! Réveillons-nous ! Mais en sommes-nous capables ! Addiction, addiction es-tu là ?     

    La somme de toutes nos addictions est effroyable ! Il faudrait la chiffrer (des centaines d’Euros à l’année certainement). Je fume ! Certes, mais cela ne suffit pas, je consomme un peu d’alcool. Puis comme la soirée dure : encore un (verre bien-sûr), merde ! Le cendrier est plein et mon verre est de nouveau vide ! Et n’allez surtout me dire que je suis le seul à avoir ses pensées, je suis à l’identique de tous mes semblables ce qui revient à dire que nous sommes tous égaux devant ces fléaux de la société grandissante et toujours plus stressante. Ceci étant dit, il est temps, plus que temps de fixer « Des Règles » !

    Pour cela il me semble nécessaire de créer un genre de code d’honneur à respecter à la lettre, avec des règles bien définies. Et rajouter des garde-fous pour être sûr de ne pas « flancher » au dernier moment à la vue de la ligne d’arrivée où l’on crie : « VICTOIRE ! J’ai réussi et j’en suis fier ».

                Devrais-je pour autant m’affubler du bicorne cher à Napoléon pour écrire et concevoir ce fameux code.   Le « Code Napoléon », regroupe les lois relatives au droit civil français, c’est-à-dire l'ensemble des règles qui déterminent le statut des personnes (livre Ier), celui des biens (livre II) et celui des relations entre les personnes privées (livres III et IV).

    Le beau Napoléon n’a-t-il pas fumé et bu à outrance pour écrire (Son code à lui) ? Pour trouver les bons statuts équitables à tous ?

    Alors oui ! Je suis capable de le plagier, de le contrefaire, voire de le parodier afin d’établir un code strict dans lequel je pourrai assumer mes angoisses, mes frustrations et addictions diverses et multiples. Oui, il faut en finir de ce suicide préétabli, ajusté et millimétré chaque jour un peu plus. Je vais devoir être mon propre juge, afin d’éliminer le bourreau qui est en moi.  Je vais m’octroyer 21 jours pour réussir et établir mon propre code que je vais nommer « Stop aux clopes.com ». Mais surtout stop à la connerie !

     21 jours c’est long et c’est court à la fois ! C’est court sur l’échelle du temps et c’est cruellement très long sur l’échelle ‟Addictionnelle″ ! Ne chercher pas je viens d’inventer le mot ! Vingt minutes entre deux cigarettes ; Cinq cigarettes entre deux alcools ; Un loto avant l’apéro et le resto avec une bouffe bien grasse qui donnera envie d’un petit mégot et d’un petit digestif ! Que d’addictions à gogo) Vous trouvez que c’est beaucoup ? Suivez donc les jeunes qui partent en bringue les longues soirées d’été. C’est bien ce qui fait la différence entre les jeunes et les vieux. Nous on mérite bien notre état de santé, mais après tout c’est le cumul des fiestas des javas des bringues en tous genres qui forgent les souvenirs mémorables. Chacun son tour et que jeunesse se fasse et les prévenir ne servirait à rien. Ils doivent faire leurs preuves comme on dit ! Ils ont le temps devant eux, le nôtre est derrière.

    Comment calculer le « Temps » Comment établir les « Règles du temps » Et comment s’auto-contrôler dans « L’espace-temps » ? Ouah ! Que cela me semble déjà bien compliqué !

    Bonaparte viens moi en aide !

    J’attends toujours ! Qu’importe, cette journée est magni­fique !

    Un soleil radieux inonde ma petite terrasse. En tout cas il me réchauffe l’esprit, qui je l’avoue était un peu embrumé depuis hier soir.

    Je me décide donc à entreprendre le lavage du mobilier extérieur. La terrasse a besoin d’un petit coup de serpillière. La table et les chaises en PVC d’un lavage à l’eau douce pour effacer la rudesse de l’hiver passé. Et pendant ce temps l’abricotier qui surplombe l’entrée est en fleurs, alors que le cerisier sauvage qui l’accompagne n’a encore que quelques bourgeons qui ne demandent qu’à s’ouvrir ! Le printemps est bien ma saison préférée, j’ai l’impression de renaître comme la nature à la seule différence près que je ne cours plus les gazelles à la saison des amours.  Quoi de plus normal, je suis comme les ours mal lécher ma saison d’hibernal se termine seulement à l’arrivé des touristes en Provence. Ce qui n’est pas tout à fait juste puisque j’arrive encore à fumer en hibernant !

                Je n’ai pas fait de courses ce matin. Vous avez pensé tout de suite au PMU (Pari Mutuel Urbain) et non je ne parle pas de « canassons » et de nouvelles addictions, que j’ai eues bien entendu ! Mais juste de me sustenter un peu. Mon petit congélateur déborde de boîtes métalliques en aluminium remplies de mets tous aussi odorants et délicieux les uns que les autres. La cuisine ça me connaît !

    Divorcé, je vis seul depuis quelques temps (Là aussi de temps en temps il faut s’accorder des pauses) et n’ai eu d’autre choix que d’apprendre l’art et la manière de faire la « popote ». Ce sera donc potée aux choux à midi.

    Si la cigarette est électronique, le four lui, est micro-ondes ! Encore un progrès dont je serais bien incapable de me passer !  L’heure étant aux plaisirs de la chair, elle est aussi au rendez-vous des addictions. Chef, un petit verre on a soif !

     L’apéro bien-sûr, et pour accompagner la douce mélodie du micro-ondes et des pinsons qui braillent sans cesse appelant désespérément le printemps il ne manque plus qu’un petit : (Ha ! J’ai du mal à le dire) mégot !

                Je vous informe, à toute fin utile, que les règles de mon code ne sont toujours pas définies, bien que j’en aie largement rêvé cette nuit et même dessiné les contours, l’intérieur étant encore un peu flou !

    Mais ce matin, j’ai bien peur qu’elles se soient envolées au lever du jour. C’est fou ce que l’on peut écrire en étant en demi-sommeil, des pages et des pages qui, le matin, par enchantement, se sont effacées en une fraction de seconde. Il faudrait que j’essaie de m’endormir le soir en scotchant un stylo entre mes doigts et une feuille de papier sur l’oreiller, mais je ne suis pas sûr du résultat. Je suis sûr ou pratiquement sûr, que la plupart des artistes et paroliers qui écrivent des romans ou des chansons se shootent à la « grenadine ! "Alcool ou drogue", afin justement de rester dans ce semi-état comatique où tout est possible, où tous les mots s’enchaînent dans une prose quasi-parfaite. Par contre, à leur réveil - contrairement à moi - leur texte est bien présent sur le papier. Certes un peu griffonné, mais bien là ! Quant à moi j’ai promis de ne pas toucher à « Cam, Stup, et Éro », donc il me reste mon clavier AZERTY pour me satisfaire au mieux.

    Qui l’aurait cru ! Ce soleil de fin février commence à produire un effet cocotte-minute sur moi. Mon maillot s’entache d’auréoles abondantes, signe que les rayons du soleil sont amplifiés par redondance du mur blanc derrière moi. Hélas ce ne sont que quelques gouttes de sueur qui perlent sur mon thorax, et non une perte de graisse amassé cet hiver et encore trop abondante sur mes « poignées d’Amour » Je ne maigrirai pas aujourd’hui !

    Foutues addictions ! Depuis deux ans je n’ai pu faire plus de deux cents mètres à pieds, ma jambe droite refusant d’avancer. Pour cause : Ma première opération chirurgicale (pose de stent) - dispositif, le plus souvent métallique, maillé et tubulaire, glissé dans une cavité naturelle humaine (ou animale) pour la maintenir ouverte. Il s'agit donc, le plus souvent, d'un support artériel.)  Date de février 2015 et bien entendu, en sortant de l’hôpital que fait-on ?

    Hé oui ! Allumer le feu ! Allumer le feu et griller une divine cigarette (pas tout à fait les paroles de Johnny !).

    L’accès obstrué par la nicotine est enfin libre ! Enfin c’est ce que je croyais. La vérité est moins douce à entendre : d’après mes filles qui le lendemain, ont interrogé le chirurgien, le stent mis en place n’aurait pas sa fonctionnalité à 100/100.

    Ça promet ! De rage j’ai dû en griller une autre. Et en plus j’avais une belle balafre de 6 centimètres à côté des « bâloches » ! Il est bien vrai que nos artères dégustent un maximum avec le tabac, malheureusement on n’en est pas toujours conscient. Il m’a semblé nécessaire et indispensable de vous faire connaître quelques renseignements empruntés au docteur (interne) Henry Nidaud (internet publié le 7 octobre 2010) 

    Effets du Tabac sur les Artères

    « Un fumeur accélère de 10 ans le vieillissement de ses artères. Les effets du tabac sur le système circulatoire sont indéniables avec des conséquences dramatiques :

    Les artérites ou artérioscléroses sont des obstructions progressives et des durcissements des artères que l’on rencontre spécialement dans la région des membres inférieurs. 90% des artérites avant 65 ans sont causées par le tabac.

     Les symptômes sont des crampes et des douleurs qui apparaissent en marchant ; puis ils persistent en position couchée ; enfin, les orteils, voire les pieds, ou les membres se gangrènent et il faut les amputer. Ainsi, 3000 amputations par an en France seraient dues au tabagisme. » Fin de citation.

    Je garde encore un mauvais souvenir du petit village où je résidais en 2015, il n’y avait jamais de place de parking à proximité de chez moi. Le retour de chaque déplacement pour rentrer chez moi était une vraie galère !

    Ne pouvant utiliser mes jambes plus de 200 mètres je me traînais comme une limace avant de crocheter la serrure de ma porte.

    Je recherche dorénavant des appartements avec accès direct. Après tout, je vis seul j’ai donc entrepris de vendre tout ce que je possédais, (c'est-à-dire pas grand-chose !) afin de ne plus avoir de déménagement à faire. Deux valises dans la voiture et je change d’appartements comme bon me semble. Au début cela paraît difficile à réaliser, il faut éliminer tout ce qui n’est pas indispensable dans le déroulement d’une journée traditionnelle. Puis supprimer le superficiel et les ramasse poussières, sans oublier les fringues que l’on n’a pas mis depuis plus d’un an. Le tout doit tenir dans le coffre de sa voiture ! S’il en reste encore, appelé vos amis et vous constaterez vite que le pillage sera ordonné. Après ce n’est que du bonheur, plus de voisins à supporter – d’enfants qui pleurent toute la nuit, accompagné de l’aboiement du caniche de la mamie d’en face – sans compter les cris de la femme du dessus qui se fait tabasser par son mari et du connard d’en bas qui prends votre place de parking parce qu’il s’est offert un gros 4/4 qui ne rentre plus dans son garage (la porte étant trop étroite). Il m’a fallu du temps pour prendre la décision, mais une fois réalisé je ne trouve que des avantages. On s’attache bien souvent à des choses sans grandes importance, puis on entasse en se disant ça servira un jour et ce jour n’arrive jamais.  

    Depuis ces temps révolus je loue des meublés deux pièces avec place de parking attenante (sur le bon coin). La vie est belle, plus besoin de marcher ! en six ans j’ai changé cinq fois d’appartement sur deux départements ce qui m’a permis de visiter les Landes pendant sept mois et de faire de nouvelles connaissances, et c’est très bien ainsi ! Je me retrouve quasiment SDF sans domicile fixe. Le grand Final sera plus facile à organiser !

                2017, changement de profil : Ma deuxième fille (aide-soignante) décide de prendre les rênes, et quand une femme décide, savez-vous où cela nous mène ?

    À l’hosto bien sûr !

    Et bien contrairement aux idées reçues, cette fois j’ai la chance d’être traité par un « toubib » qui, apparemment, connaît bien son « Taf ». 36 heures plus tard, je vous le donne en mille : Je courais dans tous les sens. Je suis sûr que je pouvais gravir le Mont Blanc en le redescendant ! J’étais tellement bien qu’il fallait que je l’écrive à mes filles !

    En voici l’intégralité.

    36 Heures d’immersion à la « clinique des hortensias ».

    Du 14 au 15 février 2017

    Un grand merci aux filles, grâce à qui j’ai pu reprendre la marche à pied. Le résultat est au rendez-vous, certes !  Mais quel parcours !

    Départ à 6h30 de St Vallier avec Var Assistance. Le chéri de la cadette m’avait prévenu, il travaille pour la même société, mais ailleurs ! Il avait raison le ‟bougre″ ils sont au « top », à l’heure, et sympas jusqu’à l’arrivée.

    Mais aujourd’hui c’est le 14 février ! La saint Valentin !

    ACTE 1

    La salle d’accueil et d’attente est vide à l’exception d’un homme un peu plus âgé que moi. Quoi de plus normal, il est à peine 7h30 ! À l’entrée du service trônent deux machines (café et sandwich), elles sont aux réapprovisionnements. Les consignes sont claires : arriver à jeun à 8h00. Quel supplice de voir un des techniciens actionner la machine à café ! Rien que l’odeur et voir ces jambon/beurre hum !!! Allez calme-toi, la secrétaire arrive.

                Début des hostilités : il faut se munir d’un ticket numéroté qui donnera l’ordre de passage et ce distributeur s’appelle « un camembert !» Mon prédécesseur étant le premier, je l’ai bien sûr laissé passer. La secrétaire a mis un bon ¼ d’heure, la mignonne pour faire chauffer ses stylos et son imprimante ! Et durant ces 15 minutes une quinzaine de personnes étaient rentrées, certaines prenant un ticket au fameux camembert, d’autres non, préférant attendre sagement debout à côté du premier lambda arrivé avant moi et terminant son dossier d’entrée.

    - Hé s’il vous plait ! Je suis arrivé après le monsieur à côté de vous !

    - Oui j’ai vu mais j’ai juste un renseignement à demander !

    Accueil ! Mon ″cul !  Plutôt que de mettre des panneaux indicateurs de tous les toubibs à l’entrée de l’hôpital, il aurait dû mettre un vigile à l’entrée. Tout le monde se pointe avec le sourire et la phrase magique « j’suis pressé ! »

                Allez c’est enfin mon tour, 15 minutes pour moi aussi et une lettre, en l’occurrence le « B » Je suppose que l’ancien devant moi possède le « A » De nouveau 10 minutes d’attente, avant de voir arriver une jeune fille avec un dossier à la main. Elle murmure, et je dis bien murmurer le chiffre « 1 » et repart. Ni l’ancien, ni moi ne réagissons (la salle est pleine de demandes en tous genres) :

    - le médecin Untel s’-il vous plaît ?

    - Vous ressortez à droite et encore à droite.

    La jeune fille réapparait de nouveau en appelant : Monsieur (Tartemuche), si bas que la secrétaire intervient :

    • C’est pour les entrées !

    En voilà au moins un qui a franchi les portes battantes (mon prédécesseur) ! Deuxième passage de l’hôtesse qui murmure à l’oreille des patients. Je me lève pour lui faire gagner son précieux temps ! Eh bien, pas de bol ! La demoiselle prend dans l’ordre où les femmes de ménage terminent leurs « tafs » dans les chambres qui se sont libérées. Donc après le « A » ce n’est pas forcément le « B ».

    Enfin mon tour arrive, je n’ai plus ces satanées distributeurs de « bouffes » en vues qui ne me « fendent » pas le cœur mais l’estomac !

    ACTE 2

    La chambre individuelle (haut de gamme, et de qualité supérieure) porte bien mal son nom : Une chambre premium c’est un lit, un fauteuil inconfortable et une téloche accrochée au plus haut du mur. Ils ont dû croire qu’on pourrait la leur voler. La mutuelle rembourse 70 euros, la piaule est en correspondance !

    Mais si on active la télé c’est 84 euros ! Bénef et encore bénef ! Soit 14 euros par jour de sa poche.

    L’infirmière arrive quelques minutes plus tard et me dépose sur le lit mon déguisement pour entrer en salle d’opération ou d’examen. Je lui explique que je n’ai pas de produit désinfectant pour la douche avant ces examens :

    • Ce n’est plus nécessaire monsieur ! Me rétorque telle.

    Je lui explique ce que je suis censé être venu faire dans ses services (pose d’un stent). Je lui montre mon dossier et lui demande, en insistant bien, de laisser au toubib qui va m’examiner le compte rendu du chirurgien qui m’a opéré en 2015. J’insiste, je tiens à ce compte rendu. Et j’aimerais qu’il me soit rendu en fin d’expertise ou d’intervention.

    Deux ou trois blablas, je lui dis que j’ai une fille infirmière, qui a travaillé non loin d’ici !

    Pas le temps de continuer la conversation, elle m’interrompt !

    • Et elle ne regrette pas d’être infirmière ?

    Un blanc s’installe et après réflexion :

    • Je ne pense pas, elle est devenue libérale !

    Un autre blanc, puis elle quitte la chambre et me fait comprendre que l’on vient me chercher rapidement. Je ne sais pas où je vais, (un examen ou un directement l’opération).

    J’ai juste le temps de comprendre comment fonctionne le coffre-fort situé dans l’armoire afin d’y laisser mon portefeuille, mon téléphone et ma montre. Une petite voix douce me demande de m’installer sur le brancard à roulettes. Je m’exécute en passant de la position allongée sur le lit à la même position en équilibre sur mon cabriolet d’hosto !  La môme est si frêle ! Elle va galérer la pauvre à pousser mon quintal !

    Et c’est parti pour un couloir, puis un deuxième et un ascenseur, il y a moins d’amortisseurs sur leurs brancards que sur ma caisse à savon. À chaque passage de couloir, une barre métallique, et « craque ma poule » une côte qui saute ! Et comme d’habitude : descente aux sous-sols comme en 2015 pour ma dernière pose de stent où c’était déjà mélodie en sous-sol… (Sans Gabin ni Delon)

    Ma brancardière me conduit dans un souterrain, puis me stationne le long du mur bien au frais ! On se gèle toujours au plus bas des hôpitaux ! Cinq minutes passeront, le temps de lire les dernières conventions de travail affichées à l’angle du mur et derrière la porte. Je doute que quelqu’un ait pu en prendre connaissance là où elles sont collées !

    ACTE 3

    Une blouse blanche apparaît, elle s’appelle Josépha, et me dit de ne pas m’inquiéter, que tout va bien se passer. Allez donc !

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