Le Brexit, à quitter l’Europe ça vous incite ?

Il y a un an, pour que de sa dette elle s’acquitte,

Pour que, son économie, on réhabilite

Et qu’elle comble son prodigieux déficit,

La Grèce faisait la manche, à l’indigence réduite,

Croyant que l’adhésion souscrite était gratuite,

Son bas de laine troué, attaqué par les mites.

 

Hier, s’est produite une autre crise inédite,

Pas totalement survenue de façon fortuite.

Toute notre attention, cette dernière sollicite.

Aujourd’hui, les carottes sont cuites, voire archicuites.

De notre galaxie, une étoile prend la fuite

Et un pétale s’envole de notre marguerite.

 

La prédiction qu’ils resteraient est contredite.

Eh oui ! L’histoire n’est jamais à l’avance écrite.

Les Britanniques ayant opté pour le brexit

Et pris le grand large sur leurs îles, satellites,

L’Europe sera désormais beaucoup plus petite.

Il se peut qu’elle en soit par contagion détruite.

 

Le vingt-trois juin lors d’un national plébiscite

En dépit du zèle de Cameron, le prosélyte,

Ils ont exprimé leur volonté explicite.

Bye-bye, on leur dit en souhaitant leur réussite,

Espérant que de leur souveraineté ils profitent

Et qu’ils n’aient pas pris le chemin de la faillite.

 

Même si par un passage souterrain on transite

Lorsque l’on désire se rendre à Londres en visite,

Et qu’à proximité de nos côtes ils habitent,

La mer à l’isolement toujours les invite

Et la terre ferme à la dérive les incite.

Ils nous verront de loin, dans leur brouillard presbytes.

 

Autour de la table nous ne serons plus vingt-huit.

Une grande stupéfaction à Bruxelles, cela suscite

Car votre orgueil en prend un coup quand on vous quitte

Mais on se demande pourquoi on nous discrédite.

La perfide Albion se replie dans sa guérite,

Marchant à reculons comme un bernard-l’ermite.

 

Par les continentaux elle fut jadis séduite.

Vers la sortie à la hâte elle se précipite,

Ayant claqué la porte de l’entente maudite,

Et, en cavalière seule, s’en retourne dans son gîte,

S’étant lassée de jouer à la cosmopolite.

Ne lui convient plus cette vie de cénobite.

 

Après quarante-trois ans de ménage émérite

Ce mariage ne reçoit plus son satisfecit.

Aussi moche que soit le divorce, il est licite,

Même si l’autre tire une mine plutôt déconfite.

Si l’un voulait la paix, l’autre voulait les pépites ?

Qu’en pense la reine qui de se prononcer évite ?

 

Si les Ecossais, les jeunes, Londres et ses élites

Ont voté pour conserver leur place sur le site,

Pour les vieux et les ruraux à l’opposite

Cette option n’était pas de loin leur favorite.

Au royaume désuni, on perçoit les limites

De leur paysage social hétéroclite.

 

Nos voisins d’outre-Manche, ces drôles d’acolytes,

Ces rosbifs qui, des légumes bouillis, ingurgitent,

N’apprécient pas que, tout crus, on les phagocyte

Et notre bureaucratie excessive les irrite.

Quand dans deux ans ils sortiront de notre orbite,

Notre passé commun sera du prétérit.

 

Sans être parvenue à atteindre son zénith

L’Europe court le risque à long terme qu’elle s’effrite,

Rongée au-dedans par de populistes termites

Qui les bases faiblardes de sa construction délitent.

Redoutant la pluie de filantes météorites,

Sur les conséquences de cette sortie elle médite.

 

De leur décision chaudement se félicite

Marine Le Pen qui contre l’immigration milite

Et son nationalisme, furieusement agite,

En souhaitant que la France de même les imite

Et que d’anciennes frontières, notre espace, délimitent.

De voir son analyse confortée, ça l’excite !

 

« L’immigration par Schengen n’étant pas circonscrite,

Votre rêve d’un lieu idéal composite,

Comme la quadrature du cercle restera un mythe

Car trop de parasites autour de nous gravitent.

Mieux vaut être seul à bord de son cockpit

Que de subir la pesanteur d’un monolithe ! »

 

L’Espagne, la Pologne et d’autres ainsi de suite

Pourraient être prises de semblable envie subite

D’exploser la fourmilière par la dynamite.

De la volonté il faut pour qu’on cohabite

Et que le continent de la crise ressuscite.

Réel est le danger que l’union périclite.

 

Des œufs, on ne peut faire avec des omelettes, dîtes !

Elle a beau en affaires ne pas être néophyte,

Vu que sa devise se dégonfle en faisant pschitt

Et que son excessif amour propre la dépite,

Sur cette lapalissade l’Angleterre cogite,

Commençant à regretter sa gauche conduite.

 

De leur glorieux avenir ils entament la poursuite.

De nouveaux contrats seront pleines leur samsonites.

Du jour J, plus tard, ils chanteront les mérites

Car pour l’instant il semble qu’ils n’aient pas trop la frite,

Qu’ils aient juste assez pour faire bouillir la marmite

Et que leur choix, leurs finances, gravement débilite.

 

De l'auteur Bruno DAILLY
24/06/2016

 

Ajouter un commentaire